Campagne 2017 de la Mission archéologique franco-tchadienne

La Mission archéologique franco-tchadienne est un projet de recherche et de formation créé en octobre 2014. Basé sur un partenariat entre l’université de N’Djamena (Tchad), l’université Toulouse Jean-Jaurès, le laboratoire TRACES (Toulouse, France), le Centre National de Recherche pour le Développement tchadien (ex CNAR), l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives français et la direction du patrimoine du Tchad, ce projet bénéficie depuis avril 2015 du soutien du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères français.

En 2015 et 2016, les deux premières campagnes de terrain ont été menées dans la région des lacs d’Ounianga (région de l’Ennedi) avec l’appui du projet interdisciplinaire GELT (Grands Écosystèmes Lacustres Tchadiens). Elles ont permis l’exploration ou l’inventaire d’une soixantaine de sites archéologiques, pour la plupart inédits. Parmi les avancées scientifiques les plus significatives figurent la découverte de gravures rupestres néolithiques et la mise en évidence d’une activité métallurgique traditionnelle, autant d’éléments jusqu’alors inconnus dans cette région. Les résultats de ces deux missions sont en cours de publication.

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La mission 2017 s’est déroulée au début du mois de décembre dans la région du Guéra, à proximité des villes de Bitkine et Mongo. Elle s’est focalisée sur le terrain de recherche de Djimet Guemona, étudiant tchadien bénéficiant d’une bourse de l’Ambassade de France pour réaliser son doctorat à l’Université Toulouse Jean-Jaurès. Ses travaux portent sur la production traditionnelle du fer dans le Guéra et se fondent à la fois sur des enquêtes orales et sur des recherches de terrain. Plusieurs emplacements d’anciens fourneaux destinés à la réduction ont été identifiés et certains ont été fouillés afin de mieux comprendre leur fonctionnement. Différents prélèvements ont également été réalisés : charbons de bois destinés aux datations par le carbone 14, terre cuite des parois des fourneaux pour étudier les variations du champ magnétique terrestre au cours du temps…

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Des indices de fréquentations plus anciennes ont également été reconnus, en particulier un site néolithique de production de haches polies. Il pourrait être contemporain de peintures rupestres découvertes à proximité, dans les chaos de blocs granitiques caractéristiques de la région. Dans deux abris-sous-roche, des peintures réalisées à l’aide d’une matière colorante rouge ont été identifiées. Il ne s’agit pas de dessins figuratifs comme il en existe dans l’Ennedi ou le Tibesti, mais de motifs géométriques très simples, des points, des lignes ou des croix. Des recherches complémentaires seront nécessaires pour répertorier systématiquement et tenter de dater ces signes énigmatiques.

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Dernière modification : 27/12/2017

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