Cérémonie de remise des attestations de fin de stage aux journalistes tchadiens dans le cadre du projet FSP « Francophonie, Développement et citoyenneté » - 25 oct. 2017

Discours à l’occasion de la cérémonie de remise des attestations de fin de stage aux journalistes tchadiens dans le cadre du projet FSP « Francophonie, Développement et citoyenneté »
(le 25 octobre 2017, Hôtel La Résidence)

Madame la Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, chargée des relations avec l’Assemblée nationale,

Monsieur le Directeur général de la Radio et de la Télévision nationales tchadiennes,

Madame la Directrice de la Radio nationale tchadienne,

Monsieur le Directeur de la Télévision nationale tchadienne,

Mesdames et Messieurs les directeurs de publications et de radios,

Madame et Messieurs les formateurs,

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Cette action de renforcement des capacités des journalistes a été menée dans le courant de l’année 2017 en 4 sessions organisées conjointement par le GRET, représenté par Mme Nicole CHAVRANSKI et M. Goual NAMASSOUM. Elle constitue une composante du projet FSP « Francophonie, développement et citoyenneté : un français mieux maîtrisé pour renforcer la cohésion, la citoyenneté et le développement ». 32 journalistes tchadiens de presse écrite, de radio et télévision dont des rédacteurs en chef et 4 directeurs de publications y ont pris part.
Cette action de coopération dans ce domaine si particulier de la formation continue de journalistes correspond à un réel besoin et à une demande forte. Les journalistes tchadiens se sentent peu considérés. Ils évoquent souvent le manque de transmission des savoirs et des pratiques par ceux qui ont déjà une grande expérience de la profession qu’ils qualifient de déficit d’encadrement dans leurs rédactions qu’à cause du manque de formation dédiée ainsi que l’absence de structure de formation qualifiée et spécifique. Ce stage répond aux besoins de formation interne à la profession. Par ailleurs, en ce qui concerne la formation de base de journaliste, pour la première fois cette année, une bourse d’étude en France a été attribuée à une jeune journaliste tchadienne pour suivre un cursus à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. C’est là une expérience que nous nous apprêtons à reconduire en 2018.

Vous avez fourni un excellent travail à trois titres principaux :

D’abord la méthode participative de cette formation est innovante dans la mesure où il s’agit d’un travail conduit de manière souple, évolutive en fonction des demandes des stagiaires consultés à tous les niveaux (attentes, thématiques…) sous forme de discussions ou d’enquête. La méthode est celle du « learning by doing » (apprendre en faisant) en s’appuyant sur une dynamique de groupe. .Le rapport était – et ce n’est pas si commun que cela, ni au Tchad, ni en France – d’égal à égal entre formateurs et stagiaires, situation bien résumée par la formule « tous journalistes ». Durant cette formation, les apprenants ont partagé, chacun a pu s’exprimer en toute liberté, faire connaître ses idées, faire ses commentaires et les soumettre à la réflexion du groupe comme s’il s’était agi d’une conférence de rédaction permanente. Pour un temps, le traditionnel clivage entre médias publics et privés ainsi que les rivalités professionnelles se sont effacés au profit de la confraternité au service d’une profession bien difficile car toute entière faite d’équilibre, d’arbitrage, de quête de la vérité sur des questions sensibles, prise en étau entre les impératifs du Pouvoir et les impératifs sociétaux. Cette formation a constitué une sorte de bulle permettant d’entamer une authentique réflexion, à la fois libre et profonde, sur l’exercice du métier de journaliste au Tchad aujourd’hui.

Ensuite les thématiques sociétales choisies correspondent aux préoccupations quotidiennes des tchadiens. Elles concernent des situations de la vie de tous les jours : les permis de construire, la prise en charge du paludisme chez les enfants, les aliments de la rue, l’impact de la crise économique sur les fonctionnaires, l’abattoir de Gassi, la dangerosité de la circulation urbaine, le tapage nocturne dans les bars et les incidences sur la population, la libéralisation des prix. Les stagiaires ont ainsi pu travailler de manière qualitative sur des thématiques qui leur sont bien connues. La formation a ainsi pu ouvrir de nouvelles perspectives d’approche de problématiques traditionnelles.

Enfin, les fondamentaux de la profession ont été rappelés : message essentiel, abus du conditionnel qui constitue un fléau, difficulté de la collecte d’informations, utilisation des sources, questions de référence, hiérarchisation et structuration d’un article, précision et concision, différence entre faits et commentaires…. Le travail de terrain duquel beaucoup de journalistes tchadiens se sont éloignés, pour se consacrer aux conférences de presse et autres événements organisés « le journalisme assis », a pu être remis en valeur. La formation a aussi révélé la nécessité d’un bon niveau en français, à l’écrit comme à l’oral. Techniquement, les principaux genres et exercices du métier ont été passés en revue (rédaction et corrections d’articles, conférence de presse, enquête, reportage…). Les grands principes d’Ethique et de Déontologie ont été aussi abordés (Code de déontologie tchadien et clause de conscience). Enfin, un important travail a été fait sur la nécessaire empathie envers les interlocuteurs, sans laquelle l’interaction n’est pas possible.

J’estime, à ces trois titres, que cette formation a été positive et je forme le vœu qu’elle contribuera à améliorer effectivement la pratique de ce grand et noble métier. En conclusion, je reprendrai pour vous encourager dans une profession qui est proche de la mienne, à savoir diplomate, le mot d’un grand journaliste, Alfred CAPUS : « En journalisme, on peut écrire une mauvaise page aujourd’hui à condition d’en écrire une bonne demain. »

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Dernière modification : 27/10/2017

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