Clôture du cinquantenaire du Centre d’Etudes et de Formation pour le Développement (CEFOD) - 11 novembre 2017

Discours prononcé à l’occasion de la clôture du cinquantenaire
du Centre d’Etudes et de Formation pour le Développement (CEFOD)
le 11 novembre 2017 au CEFOD

Excellence, Monsieur le Ministre de l’Economie et de la planification du développement, représentant le Chef de l’Etat,

Mesdames et messieurs les Ministres,

Monseigneur l’Archevêque de N’djaména,

Monsieur le représentant du Provincial des Jésuites pour l’Afrique de l’Ouest,

Monsieur le Directeur Général du CEFOD,

Mesdames et messieurs les enseignants-chercheurs,

Mesdames et messieurs les collaborateurs du CEFOD,

Mesdames et messieurs, honorables invités,

Durant toute l’année 2017, le CEFOD a célébré son cinquantenaire, à travers diverses manifestations dont le colloque scientifique international sur la problématique du développement en Afrique au XXIème siècle qui a réuni, ces derniers jours, un remarquable panel de spécialistes.

Fort de ses cinquante ans, le CEFOD entend ainsi envisager de manière positive son devenir dans la dimension temporelle du siècle présent et dans la dimension spatiale africaine dont il fait pleinement partie. Bien peu d’institutions ont cette capacité d’envisager l’avenir aussi loin dans un espace aussi étendu. En général, les plans sont quinquennaux ou décennaux. Ils visent un secteur bien précis ou, au plus large, une dimension étatique.

Etre capable d’un effort d’une telle ampleur est remarquable mais il y a plus encore au sens où le CEFOD envisage sa présence et son rôle dans ce cadre. Sa présence, car du haut de ses cinquante ans, le CEFOD a démontré son aptitude à survivre à tous les événements politiques mais aussi économiques et sociaux qui ont marqué le Tchad et, plus encore, sa capacité s’est renforcée dans l’adversité. Son rôle, car le CEFOD n’entend pas rester passif dans le devenir du Tchad. Il ne se conçoit pas comme un simple observateur particulièrement averti mais comme un acteur dynamique et responsable.

Par sa pérennité, le CEFOD est quelque part devenu une institution. Pourtant, par ses actions qui mobilisent très largement l’ensemble des organisations de la société civile, il s’inscrit dans une dynamique différente car participative à laquelle il apporte précisément sa capacité à fédérer et à structurer à travers le renforcement des capacités des associations et des ONG. Sans doute le développement passe-t-il par la combinaison judicieuse de ces deux dimensions et c’est tout un art de contribuer à organiser la société tout en informant les pouvoirs publics des évolutions et des besoins de celle-ci. Par cette action alternative, le CEFOD apporte sa contribution à la régulation et à l’équilibre de la société tchadienne en vue de créer les conditions, notamment celles de paix civile et de bonne gouvernance, indispensables au développement. Je souhaiterai saluer à ce propos la revue Tchad et Culture, qui est –elle – dans sa 55ème année pour la qualité de ses dossiers. J’apprécie tout particulièrement sa devise :

« Ecrire sans travestir, Informer sans manipuler, Analyser sans préjuger. »

Vaste programme mais pari tenu. Bravo à toute l’équipe de rédaction.

Au CEFOD, le terme de développement n’est pas un simple mot utilisé pour conjurer une situation où tout resterait encore à faire, une idée pour ne pas conduire ceux qui la vivent au désespoir. Le développement appartient à ces concepts qui ne peuvent se comprendre qu’en actes. Ce n’est pas une simple vision de l’esprit, c’est une implication constante pour un mieux vivre ensemble au bénéfice du plus grand nombre et dans le respect du Bien commun.

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, le CEFOD a cinquante ans, il est un acteur majeur aux deux sens du terme car il a atteint sa majorité dans l’analyse et qu’il est incontournable dans l’action. A cinquante ans, au Tchad, on me dit qu’on mérite d’intégrer dans les villages la case aux sages c’est—à –dire que l’on est habilité à donner son avis sur la vie de la communauté et à apaiser les tensions au quotidien. Le CEFOD pourrait certes se contenter de ce rôle de sage, de conservateur légitime de la mémoire du groupe, et se reposer. Mais il n’entend pas je crois en rester là, dans l’immobilité de la reconnaissance bien méritée et consensuelle. Il ne saurait être sans agir, sans transformer, sans partager.

Aussi, pour conclure mon propos, je souhaite une longue vie au CEFOD car, à celui qui accumule les connaissances, rien n’est impossible. Comme le dit le proverbe tchadien : « Si tu vis longtemps, tu verras égorger des chameaux avec des couvercles en paille » !

Je vous remercie de votre aimable attention et de m’avoir invité à cet anniversaire.

Dernière modification : 01/02/2018

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