Francophonie : éducation des filles et formation professionnelle des femmes

Les 18 et 19 juin, l’OIF et ses partenaires ont organisé au Tchad une conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation professionnelle des femmes dans l’espace francophone, sous le Haut Patronage du Président de la République du Tchad, S.E.M. Idriss DEBY ITNO. Objectif : faire échanger les pays membres pour assurer l’inclusion et l’égalité des sexes dans et par l’éducation.

Ministres, députés, ambassadeurs, experts, représentants d’organisations internationales et de la société civile… : pas moins de 500 participants ont échangé durant ces deux jours sur les mesures à mettre en place pour réduire les inégalités femmes-hommes en matière d’éducation et de formation professionnelle.

Chiffres clés

Dans le monde :

  • 132 millions de filles ne sont pas scolarisées (2016).
  • 9 filles sur 10 terminent leurs études primaires, mais seulement 3 sur 4 terminent leurs études secondaires.
  • Les filles sont 1,5 fois plus susceptibles que les garçons d’être exclues de l’école primaire.

Au Tchad :

  • Seules 35% des filles étaient scolarisées en 2012.
  • Plus de 2/3 des Tchadiennes ont été mariées avant leur majorité, 28% l’ont été avant l’âge de 15 ans.

Les freins à l’éducation des filles et à la formation professionnelle des femmes

Les violences de genre, l’accès inégal aux soins et à la santé, l’absence d’enregistrement des naissances à l’état civil et les situations d’urgences et de catastrophes ont été identifiées comme les principales causes des inégalités femmes-hommes en matière d’éducation et de formation professionnelle dans l’espace francophone.

À cette occasion, Mme Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale de la Francophonie, a rappelé que les inégalités entre les sexes sur ces thématiques ne pourront être réduites qu’à travers la mise en place de politiques globales, qui dépassent les limites de ces seuls secteurs. Le développement d’infrastructures, tant au sein des écoles (construction d’infrastructures sanitaires adaptées) que pour sécuriser le chemin vers celles-ci, ou encore la pénalisation des mariages forcés sont des mesures à mettre en place pour y parvenir.

Des disparités entre les pays de l’espace francophone

Si des améliorations ont été notées, les disparités restent nombreuses entre les pays représentés à la conférence.

Avec un taux de scolarisation de 98% en primaire, 61% de députées et 50% de ministres femmes, le Rwanda fait figure de « premier de la classe » en matière d’éducation et de formation professionnelle. Lors de la présentation de ses bons résultats, le Premier Ministre rwandais, M. Édouard Ngirente, a insisté sur la politique volontariste de son gouvernement pour la réduction des inégalités.

Au Tchad, les défis de l’éducation sont immenses, « mais le pays avance à petits pas », a tenu à souligner Mme Aïcha Bah Diallo, vice-présidente du comité scientifique pour l’OIF.

Un travail à poursuivre

Cette grande rencontre francophone s’est inscrite dans le cadre de la Stratégie de la Francophonie pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, des droits et de l’autonomisation des femmes et des filles et dans celui de l’Agenda 2030, pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable de l’éducation (ODD n°4) et de l’égalité des sexes (ODD n°5).

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Table ronde ministérielle : politiques en faveur de l’éducation des filles et de la formation des femmes dans l’espace francophone
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Table ronde : accroître les financements pour atteindre la parité, cadres partenariaux et apport du secteur privé

À la suite de ces deux journées d’échanges, trois leviers d’actions ont été recommandés :
1. Améliorer le recensement des statistiques liées à l’éducation des filles et des femmes ;
2. Renforcer la formation des enseignants ;
3. Coordonner les actions entre acteurs en « diffusant les bonnes pratiques ».

Ces conclusions et recommandations de la conférence viendront alimenter la réunion conjointe des ministres de l’Éducation et du Développement du G7 prévue le 5 juillet à Paris, et notamment la conférence internationale sur l’innovation pour l’éducation des filles qui se tiendra le même jour à l’UNESCO.

Grande cause nationale du quinquennat du Président Emmanuel Macron, l’égalité femmes-hommes constitue une priorité de la France, tant dans sa politique intérieure que dans sa politique internationale. Philippe Lacoste, Ambassadeur de France au Tchad, a rappelé cet engagement lors de son intervention.

Le G7, dont la France assure la présidence tournante, a défini « la lutte contre les inégalités de destin, en favorisant particulièrement l’égalité entre les femmes et les hommes, l’accès à l’éducation et à des services de santé de qualité » comme l’un de ses cinq objectifs prioritaires. En savoir plus sur la présidence française du G7

Dernière modification : 19/07/2019

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