Hadjé, vendeuse d’or

« J’ai un peu vécu en Libye où j’étais commerçante avant de venir au
Tchad. Après vingt-six ans d’expérience, j’en connais un rayon sur le
commerce de l’or. Le Tchad est l’un des rares pays où une femme peut
s’asseoir à même le sol, exposer et vendre de l’or en toute sécurité.
J’achetais les bijoux en Arabie Saoudite mais grâce au désenclavement
aérien, nous avons commencé à nous fournir à Dubaï dans le fameux
gold souk.
Le marché de l’or tchadien est très développé et largement tenu par
des femmes. Avant, la pièce d’or coûtait à peine 30.000 CFA, contre
150.000 aujourd’hui. Notre culture et nos moeurs nous poussent
à épargner en or et à nous marier avec des pièces d’or. Une femme
est belle parée d’or, c’est ce qui nous démarque des autres. La femme
tchadienne sait que si jamais elle a des difficultés financières, elle peut
compter sur la vente de ses bijoux pour s’en sortir. Mes enfants ont
fait de grandes et longues études en France, en Algérie, d’autres au
Ghana et une de mes filles a même été couronnée Miss Tchad. Une
femme commerçante est une femme ouverte et elle est le socle de tout.
Le commerce d’or est une particularité de la femme tchadienne et cela
fait ma fierté. »

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Dernière modification : 03/09/2018

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