Kaka, pêcheuse

« Mère de deux enfants, cela fait dix ans déjà que je pêche. J’avais quatorze ans quand j’ai commencé. Grandir dans un environnement dominé par l’eau a développé en moi une passion inébranlable pour la pêche. J’appartiens à une communauté qui a construit sa réputation autour de l’eau et où la culture offre une place à la femme.

Au Tchad en général, ce sont les hommes qui pêchent tandis que les femmes s’occupent de la transformation et de la commercialisation, mais chez nous c’est différent. Je suis fière de bénéficier de cette opportunité et surtout de pratiquer une technique peu adoptée par les femmes. Nombreuses utilisent des pièges à poissons mais avec mon équipe, nous ramons loin dans le fleuve pour placer les filets, préparés au préalable. Ce système, appelé Djakou, est plus difficile que les autres et demande des moyens : pirogue, filets, hameçons, et beaucoup de travail. J’estime que la femme tchadienne doit se battre pour être autonome et indépendante et ne pas être vulnérable. »

Photo : Salma Khalil/ Texte : Ache Coelo

Dernière modification : 22/05/2019

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