La coopération de sécurité et de défense

La coopération de sécurité

Le Service de Sécurité Intérieure de l’ambassade de France anime et coordonne l’ensemble des activités de coopération technique internationale dans le but de mieux prévenir et combattre toutes les formes de menaces pouvant intéresser la sécurité intérieure. Il est placé sous l’autorité d’une Attaché de Sécurité Intérieure, haut fonctionnaire de Police, assisté de trois coopérants (Police Nationale, Gendarmerie Nationale, Sûreté-Immigration) qui conseillent les directeurs généraux auprès desquels ils sont placés, assurent des audits et expertises de services, programment puis mettent en œuvre des actions de formation, et proposent des dons de matériels afin de renforcer les capacités opérationnelles de certains unités.

En 2019, ces actions se sont notamment inscrites dans les domaines suivants :

Pour la gendarmerie

  • la lutte anti-terroriste avec la poursuite de la formation et de l’équipement du Groupe Spécial d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GSIGN), unité d’intervention projetable en tous points du territoire et dont la montée en puissance devrait se poursuivre en 2020 ;
  • l’appui à la gouvernance, avec la formation des cadres de la direction générale de la gendarmerie, notamment dans les domaines des ressources humaines, des finances et de la logistique ;
  • l’appui aux armées avec la création et la formation d’une brigade prévôtale, chargée d’accompagner les armées sur les théâtres d’opérations ;
  • la lutte contre la criminalité avec la formation des officiers de police judiciaire, de spécialistes en matière de police technique et scientifique, de techniciens en identification criminelle, le recyclage des commandants de brigade de recherches ;
  • la formation des personnels avec de nombreuses remises de matériels informatiques aux unités de Gendarmerie (direction centrale, légions en province) et également la création d’une salle informatique à l’école de gendarmerie de Boudouloum, cette dernière ayant aussi fait l’objet de travaux d’amélioration de ses infrastructures (forages, châteaux d’eau, etc.)

Pour la police

  • la lutte anti-terroriste avec la poursuite de la formation et de l’équipement de l’Unité Spéciale d’Intervention de la Police (USIP), créé par la coopération française après les attentats de 2015, et qui bénéficie depuis de missions régulières d’expertise du RAID français, et d’entraînements communs avec les forces spéciales. Cette unité, priorité de notre coopération, s’est vu dotée cette année de 2 véhicules HILUX supplémentaires et de nouveaux équipements ;
  • la lutte contre la criminalité organisée avec la formation d’agents spécialisés dans la lutte contre les stupéfiants et les médicaments contrefaits/falsifiés, et le recyclage de la brigade canine, qui dispose de chiens « stups », « explo » et d’attaque, et a reçu cette année un lot de caisses de transport canin, et une nouvelle pharmacie vétérinaire ;
  • le contrôle aux frontières, avec la professionnalisation continue des agents de l’aéroport de N’Djamena dans la lutte contre la fraude documentaire, le ciblage, la sûreté aéroportuaire, et leur sensibilisation aux menaces MANPADS
  • la recherche et l’administration de la preuve avec la remise de matériels techniques à la PTS, et de moyens informatiques à différents services enquêteurs.

Les efforts déployés visent non seulement à renforcer l’efficacité opérationnelle des unités considérées « à forte valeur ajoutée », mais également à promouvoir la bonne gouvernance.

L’action du service de sécurité intérieure s’inscrit d’une part dans le cadre d’une approche globale, concourant notamment au succès des projets européens tel que le renforcement des FSI de la région du Lac Tchad, la création des compagnies et brigades fluviales et lacustres de la PN et de la GN, la création et la mise en formation du groupe d’action rapide, de surveillance et d’intervention (GAR-SI), etc.

Elle s’inscrit d’autre part dans une démarche dite « inclusive », favorisant les différents aspects de la sécurité des personnes et des biens, le renforcement de la chaîne pénale, la professionnalisation des divers acteurs de la police judiciaire et de la police administrative, en respectant de façon constante et déterminée l’article 12 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Francopol, agence de la francophonie pour le développement des bonnes pratiques dans le domaine de la police, a organisé avec le SSI une action de sensibilisation aux engins explosifs improvisés, et un vaste atelier pluridisciplinaire sur la protection des « mineurs victimes », qui a permis de renforcer significativement les moyens techniques et la coordination des différents partenaires.

Des ateliers sur l’entraide pénale internationale ont été conduits en soutien du magistrat de liaison régional à destination du corps judiciaire, dans l’optique de consolider notablement la lutte contre la criminalité organisée internationale.
Des études pour la mise en place de moyens nécessaires à la Police Municipale ainsi que Service d’Incendie et de Secours de N’Djamena sont menées par l’ASI, en pleine collaboration avec les autorités municipales.

Enfin, le SSI poursuit son appui à la Garde Forestière et Faunique, unité en charge de la protection de la biodiversité, et de la lutte contre le braconnage.

La coopération de défense

Remise de brevets de parachutiste, octobre 2019 © Ambassade de France au Tchad

Dans le cadre de la coopération militaire bilatérale, l’appui structurel de la France aux forces armées tchadiennes se traduit par l’insertion d’officiers et de sous-officiers français en qualité de coopérants militaires techniques au sein même de l’outil de défense du partenaire. Ainsi, une petite dizaine de militaires français, placés sous l’autorité de l’Attaché de Défense et le chef de la mission de coopération et de défense, participent à la mise en œuvre des projets de restructuration et de formation des forces de défense et de sécurité. Les projets s’articulent autour des domaines de l’appui au commandement, de la formation professionnelle et de la reconversion des personnels militaires, de la formation des cadres, de la logistique et de la maintenance.

À la demande des autorités tchadiennes, des missions d’expertise et des détachements d’instruction opérationnelle ou technique permettent de délivrer aux militaires tchadiens des formations qualifiantes (et/ou de remise à niveau). Si ce soutien est principalement apporté par les Éléments Français du Gabon et la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD) du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangère, la force Barkhane participe également à différents modules de formation.

En 2019, ce sont au total 1 400 militaires tchadiens de tous corps et spécialités confondues qui ont bénéficié de formations en France, dans les Écoles Nationales à Vocation Régionale sur le continent, ou localement. Comme les années précédentes, un effort important est déployé pour permettre aux cadres militaires tchadiens de développer ou d’approfondir leur connaissance de la langue française, au travers du Centre d’Apprentissage de la Langue Française (CALF) afin de se préparer aux concours et cursus internationaux.

La coopération militaire française conduite par la DCSD au Tchad recouvre six projets distincts, chacun sous la responsabilité d’un coopérant français, dans le cadre d’une convention conditionnant leur présence et les moyens associés :

  • Appui au commandement et à l’organisation des armées

Ce projet accompagne les efforts de modernisation et de restructuration des forces armées tchadiennes dans un contexte d’engagement opérationnel intense du partenaire depuis plusieurs années (tant sur le sol tchadien qu’à l’extérieur du pays).

  • Appui à la Direction Générale du Renseignement Militaire

Ce projet a pour but d’appuyer cette Direction en vue d’améliorer la chaîne du renseignement d’intérêt militaire tchadienne déployée sur le territoire national comme en opération (MINUSMA, FMM).

  • Appui à la conduite de la logistique et de la maintenance

Initié il y a plusieurs années, ce projet de coopération était dans un premier temps destiné à soutenir la logistique des forces armées tchadiennes, avant de fusionner avec le projet de maintenance du parc automobile des forces armées. S’attachant principalement à élaborer une charte opérationnelle de soutien des matériels automobiles, le projet « Établissement Centralisé de Reconstruction et de Réparation Automobile (ECRRA) » apporte aux forces tchadiennes des capacités accrues de mobilité et de transport en rénovant les matériels en dotation.

  • Formation militaire générale des jeunes cadres de l’armée nationale tchadienne

Le projet au profit du Groupement des Écoles Militaires Interarmées est centré sur la formation des officiers et des sous-officiers, ainsi que sur des cursus de formations spécialisées. Ce projet bénéficie de nombreuses actions bilatérales de formation, que ces dernières soient conduites en collaboration avec la force Barkhane ou avec les Éléments Français du Gabon.

  • Appui à la reconversion des militaires

La reconversion des soldats tchadiens est réalisée au travers de formations dans les domaines agropastoraux et métiers du bâtiment. Ce projet s’appuie sur deux centres tchadiens de formation professionnelle : le Centre Militaire d’Instruction Agricole (CMIA) et le Centre d’Instruction du Génie (CIG).

  • Appui à la Garde Nationale et Nomade du Tchad (GNNT)

Unité emblématique, la GNNT assure des missions de police rurale sur l’ensemble du territoire tchadien. Elle participe notamment à la protection des biens et des personnes (dans les zones à très faible densité de population), à la prévention des conflits liés à la transhumance. La GNNT participe également à la surveillance des frontières, en patrouillant dans les zones difficilement accessibles par des moyens motorisés. Le projet de coopération vise donc à appuyer cette force de sécurité spécifique, qui dispose d’unités méharistes, montées (chevaux), motorisée (pick-up) et embarquées (batellerie fluviale et lacustre) dans la zone du lac Tchad.

Dernière modification : 08/06/2020

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