Le SEDIF impliqué pour améliorer l’accès à l’eau dans les régions du Sud du Tchad

Le Syndicat des Eaux d’Ile-de-France (SEDIF) est le plus gros service d’eau potable français. Il dessert 4,6 millions d’habitants de 150 communes de la périphérie de Paris. Il a été l’un des tous premiers syndicats d’eau français impliqué dans des actions de solidarité internationale grâce au soutient financier qu’il apporte à des associations intervenant pour améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

En France, une loi de 2005 nommée loi Oudin-Santini, du nom du Président du SEDIF qui a proposé cette loi avec le sénateur Oudin, favorise la mobilisation de financements pour des actions de solidarité internationale. Elle permet aux collectivités territoriales (communes, départements et régions), aux établissements publics de coopération intercommunale (syndicat d’alimentation en eau et d’assainissement, communautés de communes, communautés d’agglomération, communauté urbaines, métropoles) et aux Agences de l’Eau de mobiliser jusqu’à 1% du montant de leur budget eau et/ou assainissement en faveur d’actions de solidarité pour l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les pays du Sud. ce dispositif a récemment été étendu au secteur des déchets (1% déchets) et à l’énergie (1% énergie).

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Distribution d’eau à une borne fontaine (photo ID)

Depuis le démarrage de ses actions de solidarité dans les pays du Sud, le SEDIF a mobilisé 32 millions d’euros pour des actions qui ont bénéficié à environ 4,8 millions de personnes. En 2017, il a attribué 2,4 millions d’euros pour la réalisation de 19 opérations d’amélioration de l’accès à l’eau dans 13 pays. Ces 10 dernières années, le Tchad a bénéficié d’un appui pour des projets de deux associations françaises pour un montant total de 1,5 million d’euros.

L’association SEVES, basée à Paris, a ainsi bénéficié de 785 000 euros pour la création de 3 adductions d’eau potable dans des villages du Sud du Tchad (Kol, Koutoubéti et Bégambian). Ainsi, 18 000 villageois qui n’avaient accès qu’à une eau impropre à la consommation (puits non protégés, eaux superficielles) peuvent désormais s’alimenter à des bornes fontaines alimentées par des châteaux d’eau.

L’association Initiative Développement, basée à Poitiers et disposant d’une représentation à Moundou, a également bénéficié de l’aide du SEDIF à hauteur de 683 000 euros pour consolider la gestion de services d’eau existants dans 4 régions : Logone Occidental, Logone oriental, Mandoul et Tandjilé. Vingt villages ont ainsi étendu leurs réseaux de distribution, permettant un accès à l’eau à 11 500 nouvelles personnes et autant de services ont réorganisé leurs exploitations, permettant à 145 000 personnes de bénéficier de services sécurisés.

SEVES et ID ont travaillé avec l’ONG tchadienne AGIR. Cette ONG est agréée par l’Etat tchadien pour jouer un rôle d’appui conseil. Elle est une Cellule de Conseil et d’Appui à la gestion (CCAG). assurant le suivi technique et financier des services d’eau. La réglementation tchadienne comme celle de pays sahéliens voisins (Mali et Niger) incite en effet les communes et associations d’usagers de l’eau à se faire accompagner dans le suivi technique et financier des services d’eau dont elles sont responsables. Cela limite les erreurs de gestion et d’exploitation et réduit la fréquence des pannes de longue durées. Cet appui - conseil financé par une redevance indexée sur les volumes d’eau vendus permet de mieux maitriser le coût de revient du service et d’assurer sa durabilité.

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Château d’eau de Bégambian (photo SEVES)
Informations complémentaires :

Sur le SEDIF : www.sedif.com
Sur la Loi Oudin Santini : www.pseau.org
Sur SEVES : www.asso-seves.org
Sur Initiative Développement : http://www.id-ong.org

Dernière modification : 08/06/2018

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