Melom, 11 ans

"Mon histoire est longue et un peu tragique à raconter. J’ai vécu des expériences à la fois tristes et heureuses .

Je vivais au Nigéria et je me souviens encore de ces merveilleux moments que j’ai passés avec ma famille. Quand j’étais au Nigeria, je faisais la cuisine avec ma grande sœur, ensuite nous allions décrocher des mangues qui se trouvaient sur un grand arbre avec un long bâton. Nous allions parfois laver nos vêtements à la mer, c’était vraiment chouette et amusant quand on s’éclaboussait avec l’eau. Chaque soir après le dîner, on se racontait des histoires rigolotes.

Ma mère n’est maintenant plus de ce monde. Quelques jours après son décès, mon oncle m’a emmenée vivre avec lui et sa femme à N’Djamena. Cette femme me maltraitait et me traitait avec indifférence. Ne pouvant plus le supporter, je me suis enfuie dans la rue.

Dans la rue, j’avais des conditions de vie difficiles et peu sécurisantes. Un jour, un jeune garçon du nom de Romaric, qui vendait des bouteilles d’eau, m’a donné une pièce de monnaie et m’a indiqué le chemin vers l’association Dakouna.

La première fois, j’avais peur et j’étais timide, mais quand j’ai vu tous ces enfants heureux et souriants, j’ai eu de l’espoir. Mon oncle m’a retrouvée et ramenée chez lui. Il me laissait toujours toute seule et j’étais à la fois la gardienne et la bonne à tout faire. Alors je suis retournée au centre et il n’a plus jamais cherché à me récupérer.

Ce lieu, qui d’après moi est mieux que la rue, a changé ma vision du monde : on peut avoir un monde meilleur si on le souhaite. Ici, nous faisons de la danse, du karaté et d’autres activités. Je vais aussi à l’école et l’association prend en charge mes frais de scolarités. Je considère l’association comme ma famille car ils m’ont aidée et ont été avec moi quand j’en avais besoin le plus besoin. Ici je me sens bien, en sécurité et de plus j’ai une nouvelle famille !

Mon rêve est de devenir une avocate pour libérer mon frère qui se trouve en ce moment en prison pour vol. Je souhaite de tout cœur réussir, raison pour laquelle je me trouve dans cette association comme tous les autres enfants.

J’espère réussir ma vie, avoir une situation financière et oublier les mauvais souvenirs que j’ai vécu touts au long de ma vie. Je reviendrai plus tard au centre car toutes ces personnes font partie de ma vie".

Photo : Clotilde Bertet - Texte : Mariam, du lycée français Montaigne

Dernière modification : 11/10/2019

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