Salem, 15 ans

"Je parle 5 langues : le français, l’arabe local, le mbymby, le ngambay et le day. Je vivais avec mon père et sa nouvelle femme mais celle-ci ne me respectait pas. Elle me battait et me laissait tout le temps dans la chambre.

Un jour, j’ai volé toutes les économies de mon père et il m’a mis à la rue. Quand je me suis retrouvé livré à moi-même, je n’avais plus la même vision de la vie. Elle n’avais plus aucun sens. C’est ce qui m’a poussé à fumer et boire jusqu’à devenir ivre.

En 2017, c’était la nuit, j’étais avec trois amis devant la maison d’Aleva. Nous avons commencé à danser et Aleva nous a récupéré. J’étais très heureux car pour une deuxième chance m’était offerte et il ne fallait pas la louper. La danse me permet d’exprimer ce que je ressens. J’aime l’esprit familial qu’il y a entre nous. Mon meilleur souvenir est quand nous sommes partis à l’Institut français du Tchad pour le Noël des enfants défavorisés. Il y avait plein d’activités, c’était trop bien.

Plus tard, j’aimerais devenir pilote pour faire le tour du monde et donner de l’argent à ma famille au village. Elle me manque tellement. J’aimerais tant la revoir ne serait-ce qu’une seule fois. J’aimerais créer à mon tour un lieu pour les enfants de la rue car la peine que j’ai eu est une chose que je ne souhaite à personne dans le monde.

Photo : Clotilde Bertet - Texte : Ylona du lycée français Montaigne

Dernière modification : 20/11/2019

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