Service de Coopération et d’Action Culturelle

La Coopération civile

La France, un des premiers acteurs du développement au Tchad

La France entretient depuis toujours des liens de coopération étroits avec le Tchad. Elle est le seul Etat membre de l’UE représenté sur place avec l’Allemagne (et le 2ème bailleur de fonds bilatéral du pays, derrière les Etats-Unis). Ce positionnement s’explique par la mobilisation d’environ 30 M€ par an en moyenne (soit 19,7 milliards FCFA) et des ressources humaines importantes et diversifiées. Le Tchad est l’un des 17 pays prioritaires de l’aide française.

Le dispositif est multiple. Il se décline en : une aide budgétaire substantielle au service des institutions tchadiennes, des moyens financiers d’intervention (« Projets Innovants des Sociétés Civiles et Coalitions d’Acteurs » (PISCCA) pour le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) et financements de l’Agence Française de Développement) ainsi qu’un important programme de bourses de longue et de courte durée. Il s’appuie aussi sur les opérateurs de la francophonie que constituent l’Institut Français du Tchad et le lycée français Montaigne.

Une coopération revisitée

Le Tchad a validé un nouveau plan quinquennal, le Plan national de développement 2017-2021 lors de la table de ronde des bailleurs qui s’est tenue à Paris en septembre 2017. Il servira de cadre à l’action de tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux.

La coopération française s’attache à prendre en compte les nouvelles priorités liées aux évolutions des besoins du Tchad et à favoriser les synergies avec les autres partenaires, afin de gagner en efficacité. La France inscrit son action dans le cadre d’une programmation conjointe avec l’Union Européenne dans le cadre du 11ème FED ainsi que dans un cadre de coopération avec tous les partenaires techniques et financiers du Tchad.

La stratégie s’oriente désormais autour d’un axe transversal de renforcement des capacités, des compétences, des ressources et du capital humain, en articulant les actions de coopération autour des lignes suivantes : consolider l’accès des populations aux services de base, en particulier dans les pôles urbains ; développer les systèmes pastoraux, la sécurité alimentaire et la gestion des ressources naturelles ; encourager la diversification et le développement de l’économie et de l’emploi ; renforcer l’efficacité de notre coopération civile, en particulier en concentrant nos actions sur quelques domaines prioritaires (les secteurs de la gouvernance, l’enseignement supérieur et la recherche, la promotion de la francophonie, l’appui aux organisations de la société civile).

Ces orientations sont mises en œuvre par le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade (SCAC), par la représentation locale de l’Agence Française de Développement (AFD), opérateur pivot de l’aide publique française pour la mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable (ODD), ainsi que par les opérateurs publics tels qu’Expertise France.

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L’aide aux populations les plus vulnérables

Particulièrement complexe, le contexte du Tchad est celui d’un pays sahélien confronté à des catastrophes naturelles mais aussi à des situations de crises et conflits à ses frontières. L’année 2017 aura été marquée par un afflux de réfugiés qui ne cesse d’augmenter, aux frontières avec la République centrafricaine, avec le Soudan et dans la région du Lac Tchad. Dans ce contexte, la France est active sur le front de l’aide alimentaire et humanitaire en apportant un appui aux institutions spécialisées des Nations Unies ainsi qu’aux ONG dont les populations en situation de vulnérabilité sont les bénéficiaires. Ainsi, l’aide alimentaire (1,8 million d’euros en 2017) gérée par l’ONG ALIMA, la Croix Rouge Française, Solidarité International et le PAM a permis la mise en œuvre de projets dans la bande sahélienne, dans la région du Lac et dans le district sanitaire de N’Djamena sur les problématiques de malnutrition, d’assistance alimentaire et de vulnérabilité structurelle. En outre, le Tchad a bénéficié d’un appui humanitaire exceptionnel de la France à hauteur de 700 000 euros en 2017 par le biais du centre de crise et de soutien et à destination des ONG Action Contre la Faim, Handicap International et du Secours Islamique France.

Par ailleurs, la situation de la santé au Tchad bénéficie d’une attention particulière du SCAC. Cet appui, complémentaire de celui de l’AFD, porte sur le suivi et la valorisation de la contribution de la France aux divers financements multilatéraux, Fonds Mondial (FM), GAVI, mais aussi sur les appuis de la France via Expertise France et le Fonds Muskoka. Nos moyens dans ce secteur sont principalement affectés au renforcement des bourses d’enseignement supérieur (spécialités médicales et chirurgicales dans la sous-région) ainsi qu’à une mobilisation plus grande d’expertise en provenance de France (appui au laboratoire d’Anatomie et Cytologie Pathologiques de l’Hôpital Général de Référence Nationale, stages de pédagogie médicale à la Faculté des Sciences de la Santé et de néonatologie de l’Hôpital Mère-Enfant ainsi qu’à la faculté du Bon Samaritain).

Sur le volet de la société civile, le SCAC dispose depuis 1996 d’un mécanisme de crédits déconcentrés intitulé PISCCA (Projets Innovants des Sociétés Civiles et Coalitions d’Acteurs) permettant de cofinancer des micro-projets innovants portés par la société civile tchadienne.

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Au Tchad, le PISCCA a pour ambition de contribuer au maintien de la stabilité du pays par une participation plus forte de la population au débat public, au dialogue interculturel et au développement. Ce programme appuie les initiatives locales et citoyennes permettant de promouvoir le rôle de la femme dans la vie publique, participer à la construction et au développement d’une jeunesse éduquée, citoyenne et active, et promouvoir le dialogue intercommunautaire et la résolution pacifique des conflits pour l’ancrage d’une culture de paix au Tchad.

La gouvernance et la consolidation de l’Etat de droit

Gouvernance économique et financière

La coopération française intervient, aux côtés de différents bailleurs de fonds (l’Union Européenne, la Banque Mondiale, le PNUD et la BAD), pour mieux coordonner l’aide publique au développement. La coopération française a appuyé la mise en œuvre du Plan National de Développement (PND 2013-2015) ainsi que les travaux en vue de l’élaboration de la « Vision 2030 » et du Plan quinquennal 2017-2021. En 2017, des appuis ont également été apportés à des organismes de la société civile travaillant sur les questions économiques et financières qui œuvrent en faveur de l’échange de bonnes pratiques entre entrepreneurs.

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La décentralisation

La décentralisation est un enjeu majeur pour le Tchad. La tenue des élections locales en 2012 dans 32 communes chefs-lieux de région et de plus de 20 000 habitants, ainsi que dans les 10 communes d’arrondissement de N’Djamena, a représenté un signal fort pour l’émergence d’une démocratie locale. La coopération française mène de nombreuses actions en faveur de la décentralisation, animées par une assistance technique positionnée auprès du ministère en charge de la décentralisation. En 2013, dans le cadre du projet du FSP sur le renforcement de la redevabilité des politiques publiques, un fonds de développement local (FODELOC) a été créé par la coopération française avec l’Association Nationale des Communes du Tchad (ANCT). Il permet à 20 communes de développer des projets d’économie sociale et solidaire. En 2017, le SCAC a soutenu des activités de formation à destination des autorités centrales et locales sur des thématiques liées à la décentralisation. Il a également soutenu l’élaboration de plans de développement communaux. De son côté, l’Agence Française de Développement a fait de son partenariat avec la ville de N’Djamena un pilier stratégique de son intervention au Tchad.

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La francophonie

Notre appui en matière de francophonie est animé par l’assistance technique résidentielle d’un expert coordinateur des Centres d’Apprentissage de la Langue Française et du projet « Francophonie, développement et citoyenneté » dont les actions ont débuté à l’automne 2016.

Les Centres d’Apprentissage de la Langue Française (CALF), structures tchadiennes créées en 1991, sont actuellement implantés dans cinq villes du Tchad : Abéché, Adré, Moundou, N’Djamena et Sarh, et couvrent l’ensemble du territoire.

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Les CALF dispensent et offrent :

-  des cours de français tous niveaux et tous publics assurés par des enseignants tchadiens (75 000 apprenants depuis 1991) ;
-  des cours sur objectifs spécifiques (FOS) pour l’administration, les entreprises tchadiennes et des institutions internationales ;
-  des certifications à travers les diplômes élémentaires et approfondis de langue française (DELF et DALF). Les CALF sont les seules structures habilitées par le Centre International d’Etudes Pédagogiques – CIEP - de Sèvres pour l’organisation de ces examens ;
-  des formations à l’écrit scientifique pour des étudiants en master à l’Université de N’Djamena ;
-  des ateliers d’écriture de nouvelles, des cours de préparation pour les épreuves écrites du brevet et baccalauréat.

Le réseau des CALF est le fruit d’une étroite coopération franco-tchadienne. La participation du Tchad consiste en la mise à disposition de locaux et l’affectation d’enseignants du Ministère de l’Éducation Nationale. Notre appui consiste, quant à lui, à affecter un expert technique international coordinateur du réseau, à attribuer une subvention chaque année, à participer à la formation des enseignants de français langue étrangère et à fournir du matériel et des ouvrages pédagogiques.

Le projet du Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP) « Francophonie, Développement et Citoyenneté (FDC) : Un français mieux maîtrisé pour renforcer la cohésion nationale, la citoyenneté et le développement » a été approuvé le 28 octobre 2015 et signé le 7 mars 2016 pour une durée de trois ans. Il a pour finalité d’accroître le niveau de maîtrise de la langue française au sein des catégories socioprofessionnelles animant les processus de développement et de démocratie participative au Tchad.

Ses objectifs spécifiques s’articulent autour de :

-  l’amélioration de l’enseignement du français par la construction et l’équipement de deux nouveaux CALF à Mongo et Bongor de façon à renforcer l’ancrage territorial du réseau ;
-  le renforcement linguistique et pédagogique des enseignants des CALF ainsi que de 5000 instituteurs et maitres communautaires et des enseignants de français de 15 établissements éducatifs ;
-  la consolidation des masters scientifiques existants grâce à l’introduction d’un module de formation à la production d’écrits scientifiques en français dans certains curricula universitaires ainsi que par l’organisation d’un module de formation à la production d’écrits scientifiques en français ;
-  ce projet vise également, à travers des cycles de formation, à renforcer le rôle des médias francophones dans le débat politique en développant chez les journalistes une capacité d’analyse accrue et une compétence manifeste dans la conduite d’un débat contradictoire sur des thèmes politiques ou sociétaux.

L’enseignement supérieur

La coopération en matière d’enseignement supérieur est animée par l’assistance technique résidentielle d’un conseiller placé auprès du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Elle prend essentiellement deux formes :

• le soutien à plusieurs masters sur la base de partenariats interuniversitaires entre des établissements d’enseignement supérieurs tchadiens et français : ingénierie électrotechnique avec un consortium d’universités tchadiennes en partenariat avec l’INSA Lyon et le consortium pétrolier ; génie électrique et mécanique, avec le concours de l’INSA Lyon et l’université de St Étienne ; sciences de l’ingénieur qui bénéficie d’une co-diplomation avec l’Université de Saint-Étienne, Anthropologie, environnement et développement, avec comme partenaire l’université d’Aix-Marseille ; et hydrogéologie et système d’information géographique (Hydro-SIG), soutenu par la coopération suisse (université de Neuchâtel) et l’Institut de Recherche et pour le Développement (IRD).

• les bourses d’études qui recouvrent des formations diplômantes de niveau master ou doctorat ou en écoles de commerce ou d’ingénieurs, les bourses de stage pour les formations non diplômantes et les séjours scientifiques de haut niveau pour les stages postdoctoraux dans le but de préparer un article scientifique ou une habilitation à diriger des recherches. Chaque année, un appel à candidatures est lancé pour sélectionner les meilleurs dossiers dans toutes les disciplines. En 2017, 140 étudiants tchadiens ont été boursiers du gouvernement français.

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En 2017, une plateforme Alumni a été ouverte pour permettre aux étudiants tchadiens ayant effectué tout ou partie de leurs études en France de s’inscrire dans ce réseau, et à participer à son animation (invitations, conférences, informations, recherche de stage ou d’emploi, conception d’actions de coopération mieux ciblées, …).

En 2018, l’espace Campus France situé à l’Institut français du Tchad passera à la procédure « Etudes en France » qui permettra aux étudiants désireux de s’inscrire dans des établissements d’enseignement supérieur français de bénéficier d’une procédure en ligne qui associe demande d’inscription, demande de bourse et obtention du visa.

La recherche

La coopération est ancienne dans le domaine de la recherche appliquée au développement. Elle résulte notamment d’une forte coopération avec le Centre National de Recherche pour le Développement (CNRD), ex Centre National d’Appui à la Recherche (CNAR).

•Une mission paléontologique franco-tchadienne existe depuis plus de 15 ans. On lui doit la découverte des fossiles d’Abel, le premier australopithèque trouvé à l’Ouest du grand rift et surtout de Toumaï, le plus ancien hominidé connu (7 M d’années). Les équipes de l’IRD et du CIRAD interviennent en matière de recherche sur les problématiques tchadiennes, notamment la lutte contre les trypanosomiases dans le Sud du pays où la maladie du sommeil véhiculée par la mouche tsé-tsé a pratiquement été éradiquée.

•Le projet FSP Grands Ecosystèmes Lacustres Tchadiens (GELT) est un projet d’appui capacitaire à la recherche et au développement des ressources pédagogiques dans le secteur de l’enseignement supérieur tchadien. D’une durée de trois ans, le projet a pour objet d’étudier les évolutions de la biodiversité des écosystèmes lacustres tchadiens, en particulier des lacs Ounianga, Iro et Fitri. Il se traduit par la réalisation de missions de recherche terrain à caractère pluridisciplinaires dans une approche de collaboration entre chercheurs français et tchadiens. Il permet aussi de favoriser la promotion de jeunes chercheurs tchadiens sensibilisés au triptyque enseignement/recherche terrain/productions scientifiques au service du développement. Dans le cadre de ce projet, un colloque international sur le thème « Recherches croisées sur la valorisation des écosystèmes lacustres africains » a été organisé dans le courant de l’année 2017. Les actes de ce colloque seront publiés par l’IRD au cours de l’année 2018.

En 2017, près de 120 contributions scientifiques de chercheurs tchadiens ont été publiées, grâce à la coopération française, dans des revues reconnues par le CAMES et une programmation de manifestations scientifiques a été mise en place pour la première fois (trois colloques internationaux, plusieurs conférences…). Trois sessions de formation de constitution des dossiers de qualifications du CAMES ont aussi été organisées.

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Le Professeur Michel Brunet, directeur de la mission paléoanthropologique franco-tchadienne – MPFT
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Mission scientifique – Bassin de Faya
Le cratère repéré en 1988 et 2001

Le volontariat

Une cinquantaine de jeunes volontaires français implantés sur tout le territoire tchadien concourent également à des actions de solidarité, principalement au bénéfice de la société civile. Par la singularité de leur parcours et par leur engagement personnel, ils contribuent à la diversité de notre coopération au Tchad.
En mai 2012 a été inauguré à N’Djamena un "Espace Volontariats du Tchad" destiné à accueillir et informer les volontaires français et candidats tchadiens au volontariat.
Pour plus d’informations : http://www.reseau-espaces-volontari...

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Journée du volontariat à l’Institut Français du Tchad

La collaboration avec les ONG françaises

On recense actuellement 16 ONG françaises actives sur le territoire tchadien. Ces dernières bénéficient de financements de l’AFD ainsi que de financements spécifiques de l’Ambassade de France pour répondre à des situations d’urgence. Ainsi, entre 2016 et 2017, plusieurs ONG comme Solidarité Internationale, Alima ou Première Urgence Internationale ont obtenu un financement, respectivement de 300 000 euros, 500 000 euros et 500 000 euros pour assister les populations affectées par la crise alimentaire et nutritionnelle dans la bande sahélienne et la région du Chari Baguirmi.

Dernière modification : 27/03/2018

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