Service de Coopération et d’Action Culturelle

L’aide aux populations les plus vulnérables

Particulièrement complexe, le contexte du Tchad est celui d’un pays sahélien confronté à des catastrophes naturelles mais aussi à des situations de crises et conflits à ses frontières. L’année 2018 aura été marquée par un afflux de réfugiés qui ne cesse d’augmenter, aux frontières avec la République centrafricaine, avec le Soudan et dans la région du Lac Tchad. Dans ce contexte, la France est active sur le front de l’aide alimentaire et humanitaire en apportant un appui aux institutions spécialisées des Nations Unies ainsi qu’aux ONG dont les populations en situation de vulnérabilité sont les bénéficiaires. Ainsi, l’aide alimentaire (2,55 millions d’euros en 2018) gérée par les ONG Alima et ACTED ainsi que par le PAM a permis la mise en œuvre de projets dans la bande sahélienne, dans la région du Lac et dans le district sanitaire de N’Djamena sur les problématiques de malnutrition, d’assistance alimentaire et de vulnérabilité structurelle. En outre, le Tchad a bénéficié d’un appui humanitaire exceptionnel de la France à hauteur de 700 000 euros en 2018 par le biais du Centre de Crise et de Soutien et à destination des ONG ACTED, Oxfam et Alima.

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Dans une cantine scolaire soutenue par la France et le PAM
WFP / Giulio D’Adamo

En matière de lutte contre les pandémies, le Tchad a rencontré des difficultés à honorer ses contreparties à hauteur des montants contractuels signés avec les partenaires financiers. Des plaidoyers réguliers des partenaires en faveur des pandémies et de la santé appuient les financements nationaux.

Pour la période 2014-2016, le Tchad n’a satisfait que 54% du minimum requis par le Fonds mondial. Compte tenu de la crise économique et financière et des problèmes de sécurité rencontrés par le gouvernement tchadien depuis 2014, le Secrétariat du Fonds mondial a accordé une exonération des exigences de cofinancement au Tchad pour la période d’allocation 2014-2016 en mai 2018.

Pour la période en cours, le gouvernement restera mobilisé pour honorer des contreparties attendues dans la lutte contre les pandémies. Pour le paludisme, un cofinancement pour l’achat des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action est honoré à moitié de sa contribution, soit plus d’un milliard de FCFA pour l’achat de ces intrants pour la prochaine campagne. Les arbitrages budgétaires nationaux sont en cours allant vers un maintien de la santé comme un secteur prioritaire.

Engagements politiques

Il faut noter que le secteur de la santé est l’un des secteurs « prioritaires » du Tchad avec des objectifs ambitieux relatifs à ceux des ODD pour parvenir à une couverture santé universelle (CSU) d’ici 2030.

Ceci se matérialise grâce à des mécanismes tels que : la gratuité des soins d’urgences, les accouchements assistés, les soins aux femmes enceintes et aux enfants de 0 à 5 ans, la prise en charge gratuites des personnes vivant avec le VIH et la tuberculose ainsi que la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) et autres produits pour prévenir le paludisme.

Depuis 1996, le SCAC peut prétendre à des crédits à travers les fonds PISCCA « Projets innovants des sociétés civiles et coalitions d’acteurs ». Cet outil à disposition des ambassades des pays où se concentre l’aide publique au développement de la France permet le financement de microprojets visant à lutter contre la pauvreté et à renforcer les acteurs locaux du développement.

En 2019, le poste a soumis un nouveau projet de Fonds de Solidarité pour les projets Innovants (FSPI) PISCCA « Programme d’appui aux initiatives féminines et à la jeunesse tchadienne » dont les deux composantes sont :

1/ Favoriser l’autonomisation économique et sociale des femmes tchadiennes

Une attention particulière sera portée :

  • À la création d’emplois et d’activités génératrices de revenus dans les secteurs porteurs en faveur des femmes. Au regard des taux élevés de malnutrition au Tchad et malgré des ressources productives dans le secteur de l’agriculture, des initiatives pour accroître des activités de productions agricoles à petite échelle pourraient être pertinentes.
  • Aux projets qui garantissent un accès aux services de base pour les femmes et les jeunes filles (notamment la santé, l’éducation, la justice, etc.). Des réhabilitations et/ou constructions pourront être envisagées sur ce volet.
  • Aux projets d’alphabétisation des femmes, car leur autonomisation ne peut se faire sans cette base préalable indispensable. Pour rappel, près de 70% des femmes tchadiennes sont analphabètes.
  • À la formation/sensibilisation des femmes et des jeunes filles sur leurs droits.
  • Aux projets en faveur de l’amélioration de la condition féminine impliquant les leaders communautaires et religieux. Ces derniers jouent un rôle crucial dans le changement des comportements et des mentalités à l’égard du rôle de la femme dans la société tchadienne.

2/ Appuyer la jeunesse tchadienne afin qu’elle soit éduquée et active

Une attention particulière sera portée :

  • Aux projets de formation des jeunes adolescents défavorisés et hors du système scolaire.
  • Aux initiatives qui proposent des activités génératrices de revenus aux jeunes.
  • Au soutien d’entreprises sociales gérées par des jeunes.
  • À l’intégration des jeunes sur le marché du travail par le renforcement de leurs capacités/acquis.

La gouvernance et la consolidation de l’État de droit

Gouvernance économique et financière

La coopération française, aux côtés de différents bailleurs de fonds (l’Union européenne, la Banque Mondiale, le PNUD et la BAD), a appuyé les travaux en vue de l’élaboration de la « Vision 2030 » et du Plan quinquennal 2017-2021. En 2019, des appuis ont également été apportés à des organismes de la société civile travaillant sur les questions économiques et financières qui œuvrent en faveur de l’échange de bonnes pratiques.

Le SCAC finance également la participation de cadres tchadiens aux formations courtes et longues des écoles françaises de service public, comme l’École Nationale d’Administration (ENA), les Instituts Régionaux d’Administration (IRA) ou l’École nationale des finances publiques (ENFiP). À ce titre, N’Djamena a accueilli en juin 2019 la réunion annuelle mondiale des fédérations d’anciens élèves de l’ENA de France.

La décentralisation

La décentralisation est un enjeu majeur pour le Tchad. La tenue des élections locales en 2012 dans 32 communes chefs-lieux de région et de plus de 20 000 habitants, ainsi que dans les 10 communes d’arrondissement de N’Djamena, a représenté un signal fort pour l’émergence d’une démocratie locale. La coopération française mène de nombreuses actions en faveur de la décentralisation, animées par une assistance technique positionnée auprès du ministère en charge de la décentralisation. En 2018 et 2019, le SCAC a financé l’élaboration de plans communaux dans les communes de Sarh et le 4ème arrondissement de la ville de N’Djamena et a soutenu des activités de formation à destination des autorités centrales et locales sur des thématiques liées à la décentralisation. Il a également soutenu l’élaboration de plans de développement communaux. De son côté, l’Agence Française de Développement a fait de son partenariat avec la ville de N’Djamena un pilier stratégique de son intervention au Tchad, notamment dans les domaines de la santé urbaine ou de l’eau et de l’assainissement.

La francophonie

Notre appui en matière de francophonie est animé par l’assistance technique résidentielle d’un expert coordinateur des Centres d’Apprentissage de la Langue Française (CALF) et du projet « Francophonie, développement et citoyenneté » dont les actions ont débuté à l’automne 2016.

Les CALF

Structures tchadiennes créées en 1991, les CALF sont actuellement implantés dans six villes du Tchad : Abéché, Adré, Faya-Largeau, Moundou, N’Djamena et Sarh, et couvrent l’ensemble du territoire.

Les CALF dispensent et offrent :

  • des cours de français tous niveaux et tous publics assurés par des enseignants tchadiens (plus de 75000 apprenants depuis 1991) ;
  • des cours sur objectifs spécifiques (FOS) pour l’administration, l’armée, les entreprises tchadiennes et des institutions internationales ;
  • des certifications à travers les diplômes élémentaires et approfondis de langue française (DELF et DALF). Les CALF sont les seules structures habilitées par le Centre International d’Etudes Pédagogiques – CIEP - de Sèvres pour l’organisation de ces examens ;
  • des formations à l’écrit scientifique pour des étudiants en master à l’Université de N’Djamena ;
  • des ateliers d’écriture de nouvelles, des cours de préparation pour les épreuves écrites du brevet et baccalauréat.

Le réseau des CALF est le fruit d’une étroite coopération franco-tchadienne. La participation du Tchad consiste en la mise à disposition de locaux et l’affectation d’enseignants du Ministère de l’Éducation Nationale. Notre appui consiste à l’affectation d’un expert technique international coordinateur du réseau, à l’attribution d’une subvention chaque année, à la participation à la formation des enseignants de français langue étrangère sous la forme de séminaires au Tchad ou de bourses de mobilité en France ainsi qu’à la mise à disposition de matériel et d’ouvrages pédagogiques.

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Remise d’attestations DELF-DALF au CALF de Moundou
Ambassade de France au Tchad

Le Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP) « Francophonie, Développement et Citoyenneté (FDC) : Un français mieux maîtrisé pour renforcer la cohésion nationale, la citoyenneté et le développement » (2016-2019)

Ce FSP, qui s’est terminé en 2019, a eu pour finalité d’accroître le niveau de maîtrise de la langue française au sein de catégories socioprofessionnelles clés dans le processus de développement et de démocratie participative au Tchad.

Ses objectifs spécifiques se sont articulés autour de :

  • l’amélioration de l’enseignement du français par la construction et l’équipement de deux nouveaux CALF à Mongo et Bongor de façon à renforcer l’ancrage territorial du réseau ;
  • le renforcement linguistique et pédagogique des enseignants des CALF ainsi que de 5 000 instituteurs et maîtres communautaires et des enseignants de français de 15 établissements éducatifs ;
  • la consolidation des masters scientifiques existants grâce à l’introduction d’un module de formation à la production d’écrits scientifiques en français dans certains curricula universitaires ainsi que par l’organisation d’un module de formation à la production d’écrits scientifiques en français ;
  • ce projet vise également, à travers des cycles de formation, à renforcer le rôle des médias francophones dans le débat politique en développant la capacité d’analyse des journalistes ainsi que leurs compétences à conduire un débat sur des thèmes politiques ou sociétaux.

L’enseignement supérieur

La coopération en matière d’enseignement supérieur est animée par l’assistance technique résidentielle d’un conseiller placé auprès du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Elle prend plusieurs formes :

  • Le soutien à plusieurs masters sur la base de partenariats interuniversitaires entre des établissements d’enseignement supérieurs tchadiens et français : ingénierie électrotechnique avec un consortium d’universités tchadiennes en partenariat avec l’INSA Lyon et le consortium pétrolier ; génie électrique et mécanique, avec le concours de l’INSA Lyon et l’université de St Etienne ; sciences de l’ingénieur qui bénéficie d’une double diplomation avec l’Université de Saint-Etienne, Anthropologie, environnement et développement, avec comme partenaire l’université d’Aix-Marseille ; et hydrogéologie et système d’information géographique (Hydro-SIG), soutenu par la coopération suisse (université de Neuchâtel) et l’Institut de Recherche et pour le Développement (IRD).
  • Les bourses d’études qui recouvrent des formations diplômantes de niveau master ou doctorat ou en écoles de commerce ou d’ingénieurs, et les bourses de stage pour les formations non diplômantes.
  • Les séjours scientifiques de haut niveau pour les stages postdoctoraux dans le but de préparer un article scientifique ou une habilitation à diriger des recherches.
  • Le financement de missions d’expertise pour le renforcement des capacités dans le domaine de la gouvernance, de la mise en place du LMD ou des écoles doctorales.
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Remise des diplômes à la 7ème promotion du master Professionnel en Génie Mécanique et en Génie Électrique de l’Institut National supérieur des Sciences et Techniques d’Abéché-INSTA/Tchad
Campus France Tchad

Chaque année, un appel à candidatures est lancé pour sélectionner les meilleurs dossiers dans toutes les disciplines.

En 2017, une plateforme Alumni a été ouverte pour permettre aux étudiants tchadiens ayant effectué tout ou partie de leurs études en France de s’inscrire dans ce réseau, et à participer à son animation (invitations, conférences, informations, recherche de stage ou d’emploi, conception d’actions de coopération mieux ciblées, etc.).

En novembre 2019, l’espace Campus France situé à l’Institut Français du Tchad est passé à la procédure « Études en France » qui permet aux étudiants candidats aux établissements d’enseignement supérieur français de bénéficier d’une procédure en ligne qui associe demande d’inscription, demande de bourse et obtention du visa.

La recherche

La coopération est ancienne dans le domaine de la recherche appliquée au développement. Elle résulte notamment d’une forte coopération avec le Centre National de Recherche pour le Développement (CNRD), ex Centre National d’Appui à la Recherche (CNAR), et avec les laboratoires de recherche des universités du pays. Cette coopération se matérialise par :

  • Une mission paléontologique franco-tchadienne existe depuis plus de 15 ans. On lui doit la découverte des fossiles d’Abel, le premier australopithèque trouvé à l’Ouest du grand rift et surtout de Toumaï, le plus ancien hominidé connu (7 M d’années). Les équipes de l’IRD et du CIRAD interviennent en matière de recherche sur les problématiques tchadiennes, notamment la lutte contre les trypanosomiases dans le Sud du pays où la maladie du sommeil véhiculée par la mouche tsé-tsé a pratiquement été éradiquée.
  • Le projet FSP Grands Ecosystèmes Lacustres Tchadiens (GELT) ayant pris fin en 2018, un nouveau projet FSPI portant sur l’appui aux écoles doctorales du Tchad a été élaboré en concertation avec le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Il s’est conclu en 2019 par la production d’un ouvrage collectif franco-tchadien et pluridisciplinaire, « Le Tchad des Lacs », éditions IRD.
  • Le projet FSPI Soutien aux écoles doctorales (2019-2020) : doté de 500 000 euros pour deux ans, les objectifs de ce projet sont de favoriser l’augmentation du nombre de docteurs et d’enseignants-chercheurs au Tchad, de contribuer à la valorisation des carrières des chercheurs pour augmenter le nombre d’encadrants de thèse, de soutenir la mise en place et le développement des formations doctorales. Plus de la moitié du budget de ce projet est dédié à des bourses de mobilité pour des étudiants de doctorat et des enseignants-chercheurs qui consolideront et développeront en parallèle des coopérations entre établissements d’enseignement supérieur tchadiens et français.

En 2018, de nombreuses contributions scientifiques de chercheurs tchadiens ont été publiées, grâce à la coopération française, dans des revues reconnues par le CAMES et une programmation de manifestations scientifiques a été mise en place pour la première fois (trois colloques internationaux, plusieurs conférences, etc.). Une session de formation à la rédaction d’écrits scientifiques a été organisée à cet effet. L’Ambassade de France au Tchad soutient également financièrement l’organisation de manifestations scientifiques et organise à l’Institut Français du Tchad des conférences menées par des chercheurs.

Le volontariat

Une cinquantaine de jeunes volontaires français implantés sur tout le territoire tchadien concourent également à des actions de solidarité, principalement au bénéfice de la société civile. Par la singularité de leur parcours et par leur engagement personnel, ils contribuent à la diversité de notre coopération au Tchad. En 2018-2019, un volontaire de réciprocité tchadien a été envoyé en France, sur financement de l’Ambassade de France au Tchad (service civique au sein de l’association Unis-Cité). D’autres volontaires, récemment recrutés, partiront également en France en 2020.

En mai 2012 a été inauguré à N’Djamena un « Espace Volontariats du Tchad », destiné à accueillir et informer les volontaires français et candidats tchadiens au volontariat.

Plus d’informations sur le site de France Volontaires Tchad

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Journée du volontariat français 2019 à l’Institut Français du Tchad
Ambassade de France au Tchad

La collaboration avec les ONG françaises

On recense actuellement 16 ONG françaises actives sur le territoire tchadien. Ces dernières bénéficient de financements de l’AFD ainsi que de financements spécifiques de l’Ambassade de France pour répondre à des situations d’urgence. Ainsi, entre 2017 et 2018, plusieurs ONG comme Solidarité Internationale, Alima, ACTED, Première Urgence Internationale ou la Croix Rouge française ont obtenu un financement, respectivement de 200 000 euros, 1 000 000 euros, 500 000 euros, 500 000 euros et 300 000 euros pour assister les populations affectées par la crise alimentaire et nutritionnelle dans la bande sahélienne, la région du Lac Tchad et la région du Chari Baguirmi.

Dernière modification : 27/11/2020

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